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Entrer en école d’ingénieur sans faire de classe prépa… et le faire par l’apprentissage

01bedc6bcc7dfc6a773294603956296a516f96f39eAllongement des études en France pour débouchés équivalents à ce qu’on obtenait hier avec un CAP ; recherche d’une alternance rémunératrice contre les graves difficultés financières auxquelles se heurtent beaucoup d’étudiants dans la crise économique de l’Union européenne ; accent sur l’enseignement professionnel dans une campagne présidentielle américaine largement centrée sur l’économie et le rapatriement d’emplois outsourcés à l’étranger… Autant de thèmes très actuels qui renvoient avec un relief inattendu aux transformations contemporaines des systèmes de formation initiale.

Dans le monde de l’éducation, pendant ce temps, l’apprentissage n’est depuis longtemps plus une fin en soi réservée à des élèves « perdus pour l’enseignement » et destinés à rejoindre rapidement les emplois les moins qualifiés, – l’apprentissage est devenu plutôt à l’inverse un chemin royal de l’enseignement technique: celui qui vous adoube comme capable de rencontrer déjà l’assentiment d’une entreprise prête à vous signer un contrat et de vous le confirmer dans la durée, une formule qui certifie en outre à vos futurs employeurs que vous disposez d’une expérience conséquente et de compétences aguerries en situation réelle. Bref, une employabilité tangible, pour des élèves à qui la formule financière proposée importe, ou encore pour qui les aspects de mise en situation réelle sont motivants.

Les apprentis, quant à eux, se posent de plus en plus fréquemment la question d’une poursuite des études au-delà du CAP, BEP, Bac Pro, BTS… Le diplôme initialement visé n’est souvent devenu qu’une étape! Des apprentis en BTS eux-mêmes viennent par petit groupe de 2 ou 3 dès octobre frapper aux portes, déjà en quête active d’information sur la suite: quelles sont les pistes viables, et celles recommandées, pour intégrer à terme… une école d’ingénieur! Les premiers conseils aussitôt dispensés se heurtent alors à une réponse fabuleuse: les journées portes ouvertes des établissements et autres salons de l’étudiant de l’année sont déjà inscrits parfois à leur agenda…

Certes, de manière massive et non plus anecdotique, les jeunes présélectionnés pour les niveaux supérieurs de la licence ou du master en apprentissage peuvent rencontrer des difficultés à trouver entreprise assez rapidement pour valider leur inscription à la rentrée dans le temps imparti, malgré l’attractivité de la formule pour les employeurs. Ici, le niveau est plus élevé, et les postes visés touchent déjà le middle management, – chargé d’affaires, technicien en bureaux d’études (où se fait sentir la concurrence des écoles d’ingénieurs), assistant DRH… Pour réussir, les conditions sont complexes à rassembler: un CV et une stratégie de recherche très professionnels et/ou réseau de connaissances efficient et bien géré, pour un marché qui doit ne pas être quant à lui trop frileux ni inquiet pour effectivement recruter… Dans le contexte de morosité actuel, et même dans des secteurs réputés porteurs comme le génie climatique, les places forcément se font plus rares. Le temps d’identification des pistes et de recherche d’opportunités, de construction enfin d’une démarche d’approche comme il est d’usage de la pratiquer à un niveau cadre,… il peut être trop tard pour conclure le contrat d’apprentissage espéré.

Qu’on se le dise pourtant: même les écoles d’ingénieurs s’attachent aujourd’hui à développer la formule de l’alternance comme option possible pour obtenir le diplôme préparé! Aujourd’hui, « 12% des quelque 30 000 diplômés sont passés par cette voie, et la Commission des titres d’ingénieur estime que cette proportion devrait atteindre 15% d’ici deux ou trois ans », rapporte le magazine L’Etudiant du mois d’octobre, qui titrait en une sur « Grandes écoles: 2 diplômés sur 3 n’ont pas fait de prépa. Pourquoi pas vous? » De quoi attirer des étudiants qui ont déjà passé les étapes précédentes en alternance, à condition bien sûr d’être bons et motivés.

Car au-delà des admissions directes post-bac bien connues (scolarité en 5 ans au lieu de 3), qui peuvent être onéreuses, de nombreux concours et filières permettent aujourd’hui d’intégrer une école sans « faire prépa » après même un BTS, par exemple le groupe INSA (Institut national des sciences appliquées, 5 écoles), ou encore la banque d’épreuves DUT/BTS coordonnée par l’ENSEA (Ecole nationale supérieure de l’électronique et ses applications), – cette dernière débouche sur 700 places possibles dans 21 écoles d’ingénieurs. Egalement, il faut citer la voie ATS (adaptation technicien supérieur) qui s’adresse là encore aux titulaires d’un BTS ou d’un DUT et prépare en un an aux concours des écoles d’ingénieurs ainsi qu’au concours spécifique ATS… qui donne lui-même accès à 38 écoles!

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