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Un podcast de rêve

Réaliser un podcast, seul·e ou pour son organisation. Si vous taquinez cette ambition, ne vous laissez pas pour autant assourdir par les sirènes. Tendez plutôt l’oreille aux avis qui suivent.

De fait, le nombre de podcasts ne cesse de croître, tandis qu’émergent des modèles payants de plateformes pour l’hébergement et le référencement, avec des caractéristiques techniques et des offres toujours plus diverses.

Les podcasts amateurs aujourd’hui peinent à trouver leur place parmi une offre de plus en plus originale et réfléchie, de plus en plus diversifiée et dotée souvent de gros moyens (temps, matériel, équipes), menée enfin par des équipes de créateurs, producteurs et de journalistes de premier plan, – car ceux-là aussi sont désormais de la partie. Le style s’affirme, les exigences techniques croissent, la partie devient plus serrée.

La radio a toujours été un art difficile. La mise de départ pour réaliser un podcast est importante (temps et régularité, énergie et difficultés à surmonter, équipement et maîtrise des logicels) tandis que la rentabilité strictement dite est au minimum très incertaine.

N’improvise pas qui veut, et le scripting du moindre épisode vous prendra du temps… de même que la prise de contact avec les invités et la planification des rendez-vous ! Il est rare en effet que les podcasteurs solos tirent leur épingle du jeu… Mieux vaut généralement être deux autour du micro, ou sinon avoir dans ses dossiers une bonne liste d’interviewés, dût-on commencer par ses cousins et ses voisins.

Un équipement minimum est nécessaire, et il est vite tentant de se suréquiper à grand frais. La production d’un son de qualité, la maîtrise des logiciels de montage, l’envie d’ajouter ses jingles et ses musiques, tout cela demande également des quantités d’énergie que vous ne soupçonnez peut-être pas encore.

Commencez donc par lire beaucoup l’offre pléthorique de conseils à ce propos disponible sur Internet, et, dans vos notes, privilégiez les conseils minimalistes (attention aux pièges des blogs à produits affiliés), surlignez tout ce qui se présente sous la forme : « Mais pour débuter, vous pouvez vous passer de… Vous choisirez d’investir plus tard ». Recoupez les informations. Le plus important reste le soin apporté à un son de qualité au moment de l’enregistrement, et votre équipement ne fera pas le travail à votre place !

Entraînez-vous à la prise d’un son propre avec un smartphone ou un enregistreur et un micro de base, ou peu onéreux, car ni les micros de luxe ni les logiciels de montage performants, gratuits et chers, ne remédieront à un enregistrement réalisé médiocrement, – et les meilleures corrections demandent du temps et un savoir-faire hors de votre disponibilité et de votre budget. Beaucoup d’entre vous rencontrerez là rapidement vos premiers moments de découragement. Dans ces moments-là, vous pouvez penser aux journalistes radio professionnels qui, lorsqu’ils doivent faire un enregistrement avec les moyens du bord, chez eux ou dans une chambre d’hôtel, se fabriquent des cabanes molletonnées improbables, aussi rapidement que des soldats romains érigent leur camp de nuit, grâce à un entassement de matelas et des couvertures à faire pâlir d’envie leurs gamins et rigoler leurs conjoints, tandis qu’ils s’y réfugient avec leur enregistreur et une lampe de poche pour parler aux auditeurs… Oui, la prise de son est un art de combat. Vous l’avez compris maintenant. Il y a un savoir-faire constitué de nombreuses tentatives et de multiples ratés pour lesquels ni Amazon ni Rakuten ou autres n’auront la solution.

Si les podcasteurs d’aujourd’hui sont des passionnés qui rappellent les blogueurs des premiers temps, voire les radios libres, préproduction et postproduction sont autrement plus chronophages et exigeantes car on s’apprête souvent à s’y coller seul·e, l’enthousiasme et la passion et la foi n’ayant pas de limite (alors que le budget, si).

De fait, nombreux sont les podcasteurs qui ne passent pas la production d’un cinquième épisode ! Quant à ceux qui n’ont jamais même réussi à lancer le leur, soyons réalistes, nous n’avons d’eux aucune trace. Et c’est dans ce vide non documenté qu’une partie d’entre vous se retrouvera.

De nombreux autres podcasteurs qui probablement vous ressemblent, entre passion et entreprenariat du temps, entre amateurisme et volontarisme, et par ailleurs raisonnablement talentueux, peinent à trouver leur auditoire et s’en désolent tout en courant après la préparation de l’épisode suivant sans plus savoir comment stopper la machine. N’oubliez pas de vous assurer que vos revenus professionnels réels n’en pâtissent pas, quand bien même un podcast serait bon théoriquement pour votre branding !

Alors, si vous êtes une organisation, complétez votre équipe existante par des professionnels du domaine, au moins sur certains aspects (conseil au démarrage, montage…), au risque sinon de tensions prévisibles et d’un beau plantage.
Mais si vous êtes un individu, révisez vos motivations : peut-être est-il sage de renoncer dès maintenant ou bien de monter votre projet à plusieurs en vous donnant le temps… En attendant, vous trouverez chaque semaine de nouveaux podcasts à écouter pour rêver !

Pour aller plus loin :