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Les murailles verbales et le rôle du traducteur

« Faut que je te traduise ? », « T’as besoin d’une traduc’ ? » ou, plus soft, « Faut te le dire en quelle langue ? » : ces tournures relèvent du langage populaire et argotique. Les deux premières charrient en outre de la violence symbolique, – une tentative d’imposition forcée du message, sans amendement aucun de ce dernier. Quant à la troisième expression, elle suggère plutôt une impuissance à communiquer.

Ces trois embardées langagières à la fois drôles et agressives surgissent dans des contextes similaires : le message qui a précédé rebondit sur un mur d’opposition du côté du destinataire. Retour à l’envoyeur : les mots ne sont pas passés. Énervement. Voilà comment les paroles en viennent ici à une première évolution, par le recours à l’argot, lequel indique une transgression de la civilité en contexte, – recherche d’un exutoire immédiat à la contrariété naissante du locuteur. Les deux premières expressions, « Faut que je te traduise ? » et « T’as besoin d’une traduc ? », semblent prévenir en outre d’autres formes à venir d’imposition du message : des rétorsions diverses, visiblement.

Évidemment, ce genre d’expressions est particulièrement savoureux pour celles et ceux qui font métier de la traduction !

En creux, ces tournures expriment finalement l’idée que se munir d’une bonne traduction, c’est s’assurer un véhicule qui permettra au message de passer. Que la traduction est, après tout, indispensable tandis que, de surcroît, elle produit des effets remarquables : grâce à elle, le message est reçu, et accepté. La communication enfin avance, au service d’interactions symboliques ou concrètes satisfaisantes, – échange d’idées, partenariat, vente…

Alors, bloqué dans votre communication ? Il suffit parfois de trouver le bon traducteur !